Archives de Catégorie: Critiques de films

Critiques et premières impressions de films

« De l’influence des rayons gamma sur le comportement des marguerites » de P. Newman

«  Un réveil d’enfants, c’est une ouverture de fleurs; il semble qu’un parfum sorte de ces fraîches âmes » Victor Hugo.

De l’influence des rayons gamma sur le comportement des marguerites est le troisième film de Paul Newman en tant que réalisateur. C’est sa femme Joanne Woodward, présente dans 4 de ses 5 films, qui interprète le rôle principal avec une  justesse telle qu’elle sera récompensée par le prix d’interprétation du Festival de Cannes 1973. Lire la suite

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« Les Amours imaginaires » de Xavier Dolan (Un certain regard)

Je n’ai pas vu le premier film de Xavier Dolan. D’après ce qu’on m’ a dit, il serait un prodige. Cette année, il présente son second film aux cotés de maitres du cinéma comme Godard, de Oliveira ou Jia Zhangke. Autant dire qu’il est attendu au tournant… Lire la suite

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Le festival de Cannes commence doucement mais surement … (Amalric, Wang Xiaoshuai, Oliveira)

 »Chongqing Blues » de  Wang Xiaoshuai


L'équipe de ''Chongqing blues''

 »Chongqing Blues », c’est l’histoire d’un père, marin de profesion qui vient enquêter sur la mort de son fils (lors d’un braquage qu’il a commis pour des raisons inconnus dans un premier temps) qu’il n’avait pas revu depuis 15 ans. Au fil du film, le père apprend que le fils défunt a commis ce braquage pour attirer l’attention de son ex-amie. S’étant retrouvé seul après que son amie est rompue, ce dernier avait également entrepris de retrouver son père.

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Le clash du jour : « Good morning England » Vs « Taking Woodstock »

Hourra le rock fait toujours aussi vendre, en témoigne ces deux films retraçant deux moments marquants de l’histoire du rock anglo-saxon : d’une part l’émergence des radios pirates en Grande-Bretagne et de l’autre le mythique festival de Woodstock.

llllMais attention rock et cinéma ne font pas toujours bon ménage. Qu’il tourne à la comédie volontairement décalée (cf. la série des Wayne’s world) ou au nanar intersidéral (cf.  Rock’n’roll nightmare), le cinéma rock est un exercice difficile. Pourtant, Scorcese s’y est essayé avec brio dans son Last Waltz alors qu’Oliver Stone a échoué de peu à réaliser un très grand film avec The Doors.

Quel peut être le but d’un cinéma lié au courant musical rock ? Le réalisateur doit-il se contenter de filmer un live, ou faut-il plutôt raconter, narrer une histoire en relation avec ce type de musique ? Et bien comme pour tous les autres films, je dirais que le cinéma rock se doit de nous dépeindre une ambiance, une atmosphère singulière capable de nous transporter, de renouveler notre regard. Qu’en est-il des deux films du jour ?

Dans Good Morning England, un jeune homme tout juste majeur arrive sur un bateau pirate qui émet illégalement du rock sur les ondes anglaises. Le film part plutôt bien, le panel des personnages, certes caricatural, laisse augurer une comédie potache sur fond de rock et de débauche joyeuse. La plupart des personnages sont drôles … au moins au début. P. S. Hoffman interprète ce qui est censé être l’archétype du fan de rock, qui vit pour sa musique et tuerait sa mère pour conserver son vinyle de Let it Bleed. Vient ensuite l’archétype du hippie, mou, défoncé 24/24, à l’ouest et peu fiable. Puis arrive le beau gosse qui se tape tout le monde et électrise les jeunes pucelles anglaises à travers son microphone. Vous vous en doutez, on retrouve bien évidemment ensuite le puceau coincé, le black brimé, le gros obsédé, et le chef bourgeois de la radio. Pas très original, mais bon c’est une comédie donc pourquoi pas. Le gros problème c’est que tout au long du film les personnages n’évoluent pas, mais alors pas du tout, et finissent par être réifiés dans leur singularité et leur défauts particuliers au détriment d’une unité de groupe qui est pourtant censé être le propre d’une équipe de rockeurs pirates. Plus ridicule encore, le héros tombe amoureux d’une lolita qui le trompe avec l’un des animateurs de la radio (le gros obsédé vous l’aurez deviné) mais finit finalement par l’embrasser à la fin du film (trop bien ta copine est une groupie nymphomane, vive l’amour). La faiblesse de ce film tient également dans l’alliance d’une sottise scénaristique à des scènes proprement inutiles. Le gouvernement anglais est ainsi dépeint sous les traits d’un ministre de la Culture ressemblant étrangement à Hitler, le bon vieux réac dont les répliques sont pressenties 10 minutes avant d’être dites. Au lieu d’insuffler un véritable esprit musical au film, le réalisateur préfère faire des digressions supposées humoristiques sur ce personnage représentant l’autorité haineuse de la jeunesse.

PosterGoodMorning3En plus de ça le film est long (plus de 2h) et la fin est aussi ridicule qu’interminable. Alors que le bateau pirate s’apprête à couler, perdu dans l’immensité de l’océan, on se dit que le réalisateur va nous terminer le film d’une manière métaphorique en symbolisant la fin de l’esprit idéaliste des jeunes rockeurs face à une société résolue à ne pas changer. Une telle fin aurait permis de montrer comment l’amour de la musique peut rapprocher les gens même dans les moments les plus difficiles. Une telle fin si elle aurait fait gagner le gouvernement, aurait laissé la place à l’épilogue punk où la musique s’est radicalisée, désormais décidée à en finir avec une société réactionnaire et liberticide. Mais non,rien de tout cela, le réalisateur préfère finir par une fin tout bonnement grotesque où les animateurs radios sont sauvés par leurs auditeurs arrivant par dizaines dans des embarcations de fortunes aux couleurs de leurs animateurs préférés.

Mais le plus gros défaut de ce film est de ne pas dépeindre l’amour de la musique rock. C’est d’ailleurs un des reproches chroniques que l’on peut faire aux biopics : le fait de privilégié la forme plutôt que le fond créatif (certes plus difficile à filmer). A aucun moment dans ce film on ne ressent l’amour de la musique, les dialogues ne sont pas ceux de spécialistes mais ceux d’adolescents ignares. Pas de clash entre les personnages sur les questions existentielles « qui est le meilleur guitariste : Hendrix ou J. Page ? », « Stones ou Beatles ?». A cet égard, le film Almost famous avait réussi à répondre à de telles questions, à relater de tels dialogues. Pourtant, le film mise allègrement sur ce côté rock : le titre anglais n’est autre que The boat that rocked. Mettre 2 minutes des Rolling Stones, des Who ou des Kinks à chaque fin de scène ne suffit pas à faire de ce film un film rock. Les derniers moments du film sont honteux. On y voit une apologie de la création musicale anglaise avec les disques de rock défilant sur l’écran : on passe de Hendrix à Duffy (« merci » monsieur Curtis dit la maison de disque). A oublier … vite.

A la projection de Taking Woodstock d’Ang Lee, dans le fameux Théâtre des Lumières de Cannes, j’avais encore à l’esprit le crime Good Morning England. Comment Lee va-t-il s’y prendre pour nous plonger dans l’ambiance du concert le plus mythique de la musique rock et pop ? Dès le titre Ang Lee répond à cette question, Taking Woodstock sera l’histoire de la prise de Woodstock, de la genèse de ce projet fou. Ainsi, on suit le destin d’Adam, fils d’un couple de juifs aigris résidant dans la campagne de l’Etat de New York et qui projette de sauver le motel familial. Jeune homme lambda, fan de Judy Garland, Adam est contacté pour louer le terrain de ses parents afin d’accueillir un festival de musique. Lorsque les hippies débarquent, l’organisation du festival commence et l’on observe l’ampleur de la tâche par le biais d’un effet d’écran splitté. Tout le monde s’agite, les personnages locaux et extérieurs s’entremêlent et leurs différences sont exacerbées de manière comique (mention spéciale à l’actrice interprétant la mère juive). Ang Lee, par ces personnages hauts en couleurs, fait un portrait assez fidèle de la société américaine de l’époque : les hippies (pas seulement représentés comme des feignants défoncés), la troupe de théâtre de Vassar (représentant les artistes d’avant-garde avec les happenings), le village rural réac (car peu habitué à cohabiter avec des personnes différentes d’eux), le responsable de la sécurité baraqué mais transsexuel, l’organisateur homosexuel (c’est dans les années 60 que les homosexuels américains commencent à faire entendre leurs droits), l’ancien militaire déprimé (E. Hirsch), …

Du côté de la musique, les morceaux sont bien choisis et sont disséminés de manière cohérente pour accompagner les différentes ambiances du film (le Maggie McGill des Doors est tellement bon).

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Ce film est avant tout centré sur la personne d’Adam et sur le conflit qu’il mène avec ses parents. Son chemin vers le concert l’amène à rencontrer de nouveaux personnages qui lui ouvriront les yeux sur sa propre personne. Le passage dans le van des hippies prend la forme d’un rite psychédélique initiatique, avec dans le rôle du pourvoyeur d’acide l’acteur qui jouait le prêtre dans There will be blood de PTA (quelle reconversion !). Arrivé au terme de son périple, Adam, sous acide, observe pour la première fois la foule du concert, incarnée en une vague sensorielle excluant les différences. Et c’est tout l’objet du film que de confronter les différences pour mieux faire ressortir les points communs et les possibilités d’enrichissement interpersonnel.

Agréable surprise, ce film n’est certes pas un chef d’œuvre mais a le mérite de livrer une comédie fidèle à l’atmosphère et au climat sociétal de l’époque.

Peace, RB.

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