Analyse « 2001 : l’odyssée de l’espace » de S. Kubrick (2/2)

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I) L’implication métaphysique de l’espace.

Pour Maurice Blanchot, l’un des grands amis de Levinas, l’impact de l’exploit du premier homme dans l’espace (ce brave camarade Gagarine) est tel qu’« on a eu l’impression, du moins pour un instant, de quelque chose de décisif : loin – dans une distance abstraite et de pure science -, soustrait à la condition commune qui est symbolisé par la force de gravité, il y avait quelqu’un, non plus dans le ciel, mais dans l’espace, dans un espace qui n’a ni être ni nature, mais qui est purement et simplement la réalité d’un presque vide mesurable. L’homme, mais un homme sans horizon ». Cette idée d’homme sans horizon se retrouve esthétisée dans 2001 : l’odyssée de l’espace.

Pour Kubrick, la chose la plus terrible de l’univers n’est pas son hostilité mais son indifférence. Dans un style purement réaliste et scientifique, Kubrick filme l’espace mais surtout le vide comme jamais. Dans leurs combinaisons colorées, les astronautes apparaissent comme des intrus dans l’infini spatial.mlml Tel un poisson hors de l’eau, la respiration de l’homme se fait haletante et rythme ses déplacements dans un environnement sur lequel il n’a aucunes prises. Dans la scène où HAL expulse l’un des astronautes hors de la navette, l’impression de vide est renforcée par le contraste entre la frénésie des gestes de l’astronaute et le silence absolu de l’espace. L’espace est ainsi caractérisé de façon angoissante comme vide infini et surtout comme un silence total, synonyme d’absence de vie, de perte totale de repères physiques et cognitifs.

Interrogé sur les tenants esthétiques de son film, Kubrick répondit : « 2001, est une expérience visuelle non-verbale. Cela évite une verbalisation intellectuelle et atteint directement le subconscient du spectateur d’une manière essentiellement poétique et philosophique. Le film devient ainsi une expérience subjective qui frappe le spectateur à un degré intérieur de conscience, tout comme la musique ou la peinture ».

II) La thématique nietzschénne et la circularité dans 2001 : l’odyssée de l’espace.

Le film de Kubrick est délimité en 4 parties, représentant 3 évolutions successives de l’Homme : l’homme-singe, l’homme rationnel de l’espace et le « fœtus astral ». De nombreuses allusions à Nietzsche sont dispersées dans la diégèse de 2001. Ainsi, les 3 évolutions de l’Homme décrites dans le film sont les mêmes que celles faites par Nietzsche (sur fond de dualité Apollon-Dionysos) dans Ainsi parlait Zarathoustra : l’homme-singe, l’homme, le surhomme. Et  Nietzsche de s’interroger « Qu’est ce que le singe pour l’homme une dérision ou une honte douloureuse. Et ce que doit être l’homme pour le surhomme : une dérision ou une honte douloureuse ».nn La première partie du film de Kubrick, intitulée « L’aube de l’humanité », met en scène l’homme-singe qui n’a pas encore les facultés intellectuelles requises pour la prochaine évolution, et qui se caractérise par son instinct. L’homme de l’espace représente la deuxième évolution de l’homme, où son côté apollinien a pris le dessus c’est-à-dire son côté rationnel, protocolaire et dénué d’instincts. La dernière étape de l’homme est le surhomme représenté par le fœtus astral chez Kubrick.

Une interprétation plausible de la raison pour laquelle Kubrick a choisit de représenter le surhomme par un fœtus astral peut se trouver encore une fois chez Nietzsche. Ce dernier distinguait, toujours dans Zarathoustra, trois métamorphoses de l’homme, symbolisant trois positions face à la mort de Dieu, trois étapes de la conscience humaine : le chameau (révèrent envers Dieu), le lion (qui bat le dragon, c’est-à-dire Dieu), et finalement l’enfant. Dans 2001, l’homme-singe représente le chameau. Lorsqu’il touche le monolithe noir c’est avec respect et curiosité. A l’inverse, le lion c’est-à-dire l’astronaute est celui qui va défaire symboliquement la présence de Dieu (pour aller plus loin, notons que la forme de HAL représente un rectangle noir allongé, directement similaire au monolithe) en la personne de l’ordinateur infaillible. Finalement, la dernière étape est l’enfant-fœtus bien identifiable dans le film à la fin.

La présence de Nietzsche se retrouve même dans la musique avec l’opéra de Richard Strauss qui s’intitule « Ainsi parlait Zarathoustra » et qui est  jouée lorsque le singe découvre l’utilité de l’os et lorsque le fœtus revient sur Terre. Cette mise en rapport par la musique entre l’homme-singe et le fœtus astral symbolise l’instinct dionysien, présent chez l’homme-singe et retrouvé dans la figure du surhomme-fœtus. D’ailleurs, l’instinct est ce qui rapproche l’homme de l’animal, même si ses prétentions à s’en extraire sont d’autant plus élevées que l’Homme évolue dans le temps. Ainsi, attardons-nous sur un plan étrange et qui m’a toujours interloqué : les yeux brillants du léopard lors des premières scènes. Alors que l’homme amorce son émancipation vis-à-vis de la nature, le léopard observe avec ses yeux perçants tout en brillance. Ces mêmes yeux seront ceux du fœtus astral prêt à revenir sur Terre, conscient de son attachement au Lieu, à la nature, et aux instincts source de vie.

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III) Le retour au Lieu par le médium de l’Art : l’interprétation du monolithe.

Intéressons nous maintenant aux séquences les plus énigmatiques du film : le trip psychédélique vers l’Infini, la scène finale dans la chambre à coucher.

L’histoire de 2001 c’est aussi l’histoire d’une perte du monde, d’un arrachement au Lieu tragique. A une techno-science froide et aliénatrice, Heidegger propose  une attitude contemplative à l’écoute d’une nature qu’on habite plutôt que manipule. A cet égard, l’œuvre d’art apparaîtrait comme un médium vers le retour au Lieu, un langage premier à l’écoute du réel. D’une manière qui scie parfaitement au film de Kubrick, Heidegger revient sur l’étymologie du mot technique : « Autrefois la technique n’était pas seule à porter le nom de technè. Autrefois technè désignait aussi ce dévoilement qui pro-duit la vérité dans l’éclat de ce qui paraît. Autrefois technè désignait aussi la pro-duction du vrai dans le beau. La poiésis des beaux-arts s’appelait aussi technè. Au début des destinées de l’Occident, les arts montèrent en Grèce au niveau le plus élevé du dévoilement qui leur était accordé. Ils firent resplendir la présence des dieux, le dialogue des destinées divine et humaine. Et l’art ne s’appelait pas autrement que technè. Il était un dévoilement unique et multiple ». Pour Heidegger, face à l’arraisonnement de la technique, l’art ou Poésie est « l’éclat et la puissance de la vérité ».


Dans 2001, il y a bien un moment où éclate la puissance de la vérité : le moment où le vieux Dave Bowman semble enfin comprendre, accepter le monolithe. Que peut bien représenter le monolithe ?

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Ici tout est question de mise en scène. Les apparitions du monolithe sont marquées par la musique stridente et effrayante de Ligeti, à chaque fois le monolithe apparaît verticalement … sauf une fois. En effet, lors de la scène précédant le trip psychédélique de Dave, le monolithe joue une danse spatiale étonnante et se retrouve finalement en position horizontale. Le monolithe laisse ensuite place à un l’épopée psychédélique de Dave vers un Infini qui dénote totalement avec la rigueur scientifique du reste du film. Comment expliquer cela ? Pourquoi le monolithe change-il subitement de position ?

le monolithe horizontal : symbole de l'écran de cinéma

le monolithe horizontal : symbole de l'écran de cinéma

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forme embryonnaire lors du trip

L’interprétation que j’ai retenu est que le monolithe est en fait le symbole de l’écran de cinéma et de l’Art dans la pure conception heideggérienne. Ce voyage intersidéral sera celui de l’illumination pour Dave qui finira par rentrer en communion avec le monolithe sur son lit de mort. Les images que l’on retrouve lors de ce trip sont totalement crées par l’esprit de Kubrick, elles représentent la prise de conscience de l’astronaute. Le voyage spatial psychédélique nous montre, outre les filaments colorés étranges, plusieurs formes évoquant directement le fœtus, ou même l’acte de fécondation. Cet acte de fécondation est symboliquement une nouvelle étape dans la conscience de l’homme. Passant de la verticalité à l’horizontalité, l’Homme reprend prise avec l’art comme médium.

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symbole de fécondation lors du trip

Si le monolithe-écran de cinéma ne vous convainc pas, il convient d’étayer cette interprétation. Tout au long du film abondent des indices qui vont dans ce sens et mettent en scène des instruments propres au cinéma. odysLe premier plan de l’espace s’ouvre sur la gigantesque station spatiale qui n’est autre qu’une grosse caméra, ou bobine de projection. Autre élément criant, les écrans blancs bordés de rideau (et oui comme au cinéma) lors de la réunion des dirigeants russes et américains. Ces écrans blancs opaques ne laissent entrevoir l’immensité spatiale et peut être même la Terre que l’on aperçoit au loin. Ecrans blancs synonymes de fin de l’Art probablement aussi, dans un monde techniciste où la seule présence d’art est un croquis des astronautes réalisé par Dave. Autre élément étayant la symbolique du cinéma est la scène d’excavation du monolithe qui ressemble étrangement  à un cinéma. Tout y est : l’architecture générale du site rappelle celle d’un cinéma, mais surtout on peut observer une sorte de projecteur braqué sur le monolithe (symbole du projecteur de cinéma sur l’écran de cinéma-monolithe). Mais pourtant, les astronautes ne savent pas regarder le monolithe, ils ont perdu cette composante humaine propre à apprécier l’Art. D’autres éléments peuvent encore être identifiés tout au long du film.

symbole de la salle de cinéma

symbole de la salle de cinéma

symbole du projecteur de cinéma

symbole du projecteur de cinéma

les écrans blancs de l'espace

les écrans blancs de l'espace

Mais si le monolithe est un symbole de l’écran de cinéma, qu’en est-il de la dernière scène ?

Pour revenir à Nietzsche, un de ses concepts est celui de l’Eternel retour. Ici l’éternel retour c’est celui de l’Homme qui vient de la Terre dans sa forme la plus basique (l’homme-singe) et qui ensuite part vers la Lune pour finalement revenir sur Terre sous la forme du surhomme. C’est d’ailleurs le propre d’une odyssée que de revenir à son point de départ. Les derniers instants du trip intersidéral de Dave mettent en scène le retour au Lieu, la redécouverte du Monde par le médium de l’Art.

le retour au Lieu lors du trip de Dave

le retour au Lieu lors du trip de Dave

Comment douter que nous sommes ici en présence de paysages terriens revisités, redécouverts par le personnage de Dave (voir photo) ? Ainsi, l’énigmatique scène finale de la chambre à coucher style Renaissance serait, en fait, une vraie renaissance pour l’Homme, prêt à vivre la prochaine évolution. Dans ce décor peuplé de sculpture, de peinture (cf. la peinture représentant une femme montant à un arbre), l’homme semble plus à son aise. Dave assiste alors au défilement des différentes étapes de sa vie, il devient un vieillard dinant à une table et brisant un ver de vin. Ce passage est très énigmatique. Si on observe bien le plan précédent le cassage du ver, on voit que le ver de vin passe du centre de la table à la droite de la table sans aucune intervention humaine. Comment expliquer cela ? Dave brise le verre non pas par inadvertance mais car on lui a joué un mauvais tour, manière de dire que, quoiqu’il arrive, l’homme ne maîtrise pas toutes les cartes du jeu.

Dans Le voile d’Isis, Pierre Hadot a cherché à montrer que la matière de la connaissance c’est l’inconnu. Pour lui, notre version moderne du monde est une version prométhéenne où l’ambition,  le dépassement de soi et la performance dominent. Or, Hadot invite l’Homme à revenir vers une société plus orphique (contemplative, en phase avec la nature) mêlant ainsi les deux figures mythiques que sont Prométhée et Orphée. D’ailleurs, les humains qui ont le mieux su articuler ces deux figures restent les hommes de la Renaissance, à l’image de De Vinci créant une maquette d’une machine volante en observant un oiseau. Comme chez Kubrick, la renaissance de l’homme, qui prend place lors de la scène de la chambre style Renaissance, doit instiguer un jeu de dévoilement de la nature au travers notamment de l’Art. Quoiqu’il fasse l’Homme est contraint de tourner en rond, se posant des questions aux réponses qui n’existent pas. Le cercle est le moteur principal de 2001. Mais il ne faut certainement pas négliger le rôle de  l’art qui a précisément ici pour rôle de nous révéler dans un dire premier le fond silencieux des choses dont nous faisons parti et que nos yeux clos ne savent pas contempler.

Le film ne conclut sur rien ; les extraterrestres n’apparaissent pas, n’apportent aucun message, le mystère du monolithe reste entier. Donc peut être que ce serait à nous de trouver la réponse au message. Partir à la découverte du monde, du mystère de notre existence, découvrir que les frontières reculent au fur et à mesure que nous avançons, et revenir au familier, voilà tout ce qui nous est proposé. L’espace dans lequel nous fait voyager ce film, c’est celui de notre conscience. Film hommage au medium cinématographique, 2001 : l’odyssée de l’espace restera une œuvre majeure pour l’humanité.

“However vast the darkness, we must supply our own light.”.  S. Kubrick.

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20 Commentaires

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20 réponses à “Analyse « 2001 : l’odyssée de l’espace » de S. Kubrick (2/2)

  1. Louis-Karl

    Toi tu as été l’Universitée!?
    Ton article est profond et apporte des choses que je n’ai jamais pensé, pourtant j’ai vue ce film 301 fois.

    Bravo!!!

  2. Bonjour, effectivement, l’interprétation du monolithe comme l’écran du cinéma est très tentante et trouve des allusions ou assimilations dans beaucoup d’autres séquences du film auxquelles vous ne faites pas allusion. Je reviens sur la photo du films que vous nommez « les écrans blancs de l’espace » : les 3 écrans peuvent représenter les 3 écrans du cinérama (n’oublions pas que le format de tournage de départ du film est le cinérama et que c’était sous cette forme que les premières projections d’avant première ont eu lieu). Kubrick également « montre » les décors (très subtilement) lors de certaines séquences : il nous montre et désigne clairement la mise en scène. (comme le théâtre dans le théâtre de Shakespeare, ici c’est le cinéma dans le cinéma… à approfondir).
    http://ngc9000.wordpress.com/

  3. sinziana

    Passionnante analyse!
    Je suis tombé sur votre blog en tapant « 2001 kubrick fécondation » dans google. Je voulais savoir si d’autres que moi avaient eu cette idée à propos de la séquence psychédélique où Dave est projeté dans l’espace. Ce qui m’a frappée, outre évidemment le foetus de la toute dernière scène, c’est la forme du vaisseau Discovery qui évoque irrésistiblement un spermatozoïde. Ensuite, après la « fécondation », Dave séjourne longtemps dans un endroit clos où il se métamorphose: le sein maternel? Le verre brisé annonce-t-il la naissance prochaine…?
    Kubrick a mis dans ce film tant et tant de symboles et de mythes!

    • bonjour, quitte à donner son avis sur le vaisseau discovery : il me semble que c’est aller chercher un peu loin pour trouver une ressemblance avec un spermatozoïde, par contre, sa forme peut être aisément perçue comme étant celle de la structure d’un oeil et de son nerf optique (nerf sur lequel se trouve installée la fameuse antenne radio : antenne nécessaire pour garder la connexion avec la Terre).

  4. Jarretie

    Bravo pour cette brillante analyse, très éclairante sur bien des points. Un détail cependant, j’ai bien regardé la scène de la fin avec le verre brisé. Le verre ne bouge pas et est toujours placé à la droite de l’astronaute. C’est un verre rempli d’eau et non de vin, il se trouve toujours au même endroit car en fait il y a deux verres: un au milieu et l’autre à sa droite. Désolé pour cette précision, mais elle m’a semblé nécessaire. J’ai du voir « 2001 » trente ou quarante fois maintenant.

    • bassaler

      Oui vous avez raison, je m’en suis rendu compte lors d’un revisionnage du film … (j’ai un peu eu la flemme de changer l’article 🙂 ).

    • Jean-Michel

      Très bien observé, j’ai pourtant le DVD… C’est un moment critique,
      une chute annonciatrice. Le moment où la vieillesse est devenue trop
      forte pour l’esprit, qui a su jusque là en compenser les décalages
      de réaction. Moment redoutable, surtout en se souvenant que ce héros est resté maître de lui jusqu’au moment du fameux « trip » dans l’espace-temps. Ce regard effrayé dans son casque est inoubliable.
      La plus grande épreuve est là: durer dans cet isolement silencieux, observé jusqu’à la fin de l' »examen ».

  5. Harty

    Bonjour à tous,
    Après avoir découvert ce film que je n’avais jamais vu, je n’ai évidemment pas tout compris et donc j’ai cherché des analyses du film. Et effectivement je n’avais pas compris grand chose. J’ai lu ton article, très bien, et j’ai également trouvé ce site très intéressant : http://cinema.fluctuat.net/blog/1277-2001-l-odyssee-de-l-espace-pour-ceux-qui-n-ont-rien-compris.html
    C’est très bien fait, dans plusieurs langues et ça apporte plein d’explications intéressantes, notamment sur le fameux verre de vin : contenant, contenu. Vous comprendrez quand vous verrez la vidéo.
    En tout cas, pas facile à comprendre mais superbe film.

  6. Kervegan

    Il me semble que le plan à propos duquel vous parlez de salle de cinéma (avec les projecteurs) serait plutôt le symbole d’un plateau de tournage : en effet, les murs jaunes pourraient être des décors en carton et les projecteurs ceux d’un éclairagiste. Sinon, je ne pense pas, comme vous le laissez entendre en fin d’analyse que 2001 soit un film-hommage au cinéma, ce chef-d’œuvre est bien plus que ça : selon moi, Kubrick se serait plutôt amusé à laisser des symboles, des fausses-pistes. Sinon, excellente analyse!

  7. Georges

    Franchement, j’aime pas ce que fait Kubrick. Perte de temps. En trois phrases, les questions essentielles sont posées et la réflexion lancée, pas besoin de nous tenir deux heures devant un écran. C’est du sensationnalisme, il joue avec son jouet, et nous comme des cons on se pose devant et on s’emmerde.

    • Jean-Michel

      Oui, c’est là toute la différence, ceux qui continuent avec leurs jouets
      et les autres, les adultes qui ont oublié. Devinez qui je préfère…

  8. Nicolas L

    bonjour,
    personnellement j’ai une autre approche dans la symbolique :celle de la porte représentée par le monolithe et de la clef représentée par le vaisseau.
    porte vers où ? vers quoi ? elle est la question mais je dirais vers la vérité ultime, une vérité transcendantale vu comme une sorte de graal inaccessible car impossible a appréhender par l’esprit humain (d’où le trip psychédélique de la fin)
    Je pense que le thème de la (re)naissance est aussi a creuser.

  9. Ptah

    Le léopard est l’avatar du dieux Dionysos dans la mythologie.
    D’où, peut-être sa présence dans le film.

  10. dauvois

    Désolée mais la chambre à la fin du film n’a rien du style Renaissance….

    • bassaler

      Effectivement, analyse écrite il y a un moment désolé. Cela dit, c’est la première présence d’une oeuvre d’art dans le film (on aperçoit un tableau dans la pièce aseptisée) d’où une alliance entre science et art qui est proche des artistes de la Renaissance (De Vinci etc.).

  11. Bravo pour cette excellente analyse qui donne beaucoup de sens au film ! Ceci dit, je pense que le monolithe représenterait peut-être le  »pont » dont parle Nietzsche dans « ainsi parlait Zarathoustra » : ce pont qui relie l’homme au surhomme et que chaque homme doit oser traverser pour atteindre le niveau supérieur. Je pense que le film n’a de sens que si l’on considère le monolithe comme ce pont, puisque c’est à travers lui que le singe passe à l’homme, et l’homme au sur-homme, et dans le film c’est le cas.
    Autre chose, il est toujours représenté de façon verticale car il s’agit d’une ascension, une évolution du bas vers le haut, d’une élévation;
    Encore une fois, merci et bravo pour cette excellente analyse je suis d’accord avec tout sauf avec l’interprétation du monolithe, à mon humble avis le thème  » de l’art » et du « cinéma » n’ont rien à voir avec le monolithe.

    Merci

  12. Il y a un autre point de la plus haute importance selon moi, et qui n’a pas été analysé; c’est le passage du super-ordinateur. Cette partie du film m’a incroyablement secouée pour plusieurs raisons: Je pense que Kubrick pose indirectement la question suivante  » si un programme non-humain arrive a avoir des émotions et des mécanismes psychologiques (tels que ceux du super-ordinateur Karl », sommes-nous donc nous-même des programmes?  » Je ne sais pas pour vous, mais cette question m’a profondément frappée, car en effet, je n’ai pu m’empêcher de me demander si je n’étais moi-même rien d’autre qu’un programme intelligent.

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